Baudelaire poète maudit

Ayant eu une enfance et une adolescence douloureusement marquées par la mort de son père et ayant interrompu ses études, Charles Baudelaire a été contraint de partir, mais il a arrêté pour des raisons de santé. Baudelaire aimait fréquenter les milieux littéraires et artistiques et se consacrer à l’activité d’écrivain, qui est devenue la seule occupation de sa vie. Même si sa famille était inquiète de ses extravagances, cela n’a pas aidé à ramener à la raison le poète qui continue à vivre de façon non réglementée.

L’œuvre poétique de Charles Baudelaire est centrée sur les « Fleurs du Mal ». Il y exprime le rejet total de toute forme de convention et, par conséquent, des canons de la tradition littéraire, l’aversion pour la société bourgeoise contemporaine, la perception de la crise irréversible de la société en son temps. Pour son contenu et, surtout, pour les solutions stylistiques adoptées, cet ouvrage peut être considéré comme « le manifeste » du courant poétique du symbolisme qui a eu d’importantes répercussions sur toute la littérature du XXe siècle.

Le titre même de la collection contient la clé pour interpréter la poétique de Charles Baudelaire : la fleur est le symbole de la pureté, mais aussi de l’inutilité de l’art. De même que l’art véritable naît de la souffrance et du mal existentiel, de même la fleur naît de la terre pourrie et monte au ciel. La fleur n’a aucune utilité pratique, mais c’est vrai pour sa beauté absolue. C’est là l’origine des concepts « d’art pour l’art », comme fin en soi, comme recherche de la beauté et du plaisir esthétique, et de la « poésie pure », qui rejette l’engagement politique et social et se propose indépendamment de tout conditionnement moral, libre dans sa représentation subjective de la réalité.

Les poèmes de Charles Baudelaire sont donc centrés sur la valeur évocatrice et allusive du mot et sur une recherche formelle minutieuse et sur la perfection musicale du style. Pour atteindre ce résultat, il y a une grande attention au vocabulaire, en choisissant et en évaluant les mots non plus seulement pour leur sens littéral, mais surtout pour ceux qui sont phoniques, allusifs, évocateurs, en construisant une composition dans laquelle le mot, le vers, le rythme et la musicalité s’unissent pour obtenir le meilleur résultat.

Le lecteur doit donc saisir dans le texte les mots-clés qui communiquent le sens principal du vers et ou de la composition et qui servent de « guide » pour la compréhension de l’ensemble du texte. L’instrument utilisé par le poète pour saisir et communiquer le réseau subtil de correspondances qui relie toutes choses est l’analogie. L’analogie devient ainsi un moyen d’interprétation de la réalité et un mécanisme propre à la création poétique. C’est pourquoi la poésie, selon Baudelaire, est le seul moyen de saisir la vraie réalité du monde par l’intuition.